HISTOIRE DE MA FAMILLE

La découverte des Mosaïques

(suite et fin)

Récit de ma grande tante Germaine MORAND épouse Elie sœur de ma grand-mère Marie-Charlotte MORAND

Extrait du livre LA VEYE ELIE VOUS EN RACONTE – Auteur Germaine Elie – ouvrage de la Collection « Actuelles Poétiques – imprimé par NICOLAS-IMBERT à Niort – Editions ACTUELLES DU TERROIR

Texte intitulé

« LES FOUILLES DE MON GRAND-PERE »

« Quand je suis née en novembre 1887 les Thermes romains appartenaient à mon grand-père paternel Jean MORAND. D’ailleurs la rue qui, de la rue Albin-Delage, descend aux Thermes porte son nom, car c’est lui qui en fit don à la ville de Saintes.

J’avais une sœur de deux ans ma cadette, et pendant nos vacances notre grande joie était d’aller jouer dans les Thermes que nous appelions « nos petites Arènes ».

 

Germaine (à gauche) et Charlotte(à droite) (date entre 1895 et 1900) – Thermes Romains

Mon père (Jules) à ses moments de loisirs faisait des fouilles. Il avait installé au fond du jardin, au 46 de la rue Albin-Delage, un petit musée que venaient visiter les membres de la Société archéologique, Arts et Monuments de la Charente Inférieure, aujourd’hui Charente-Maritime : messieurs Charles Dangibeaud, Poireault, Xambeu etc.

Ces messieurs arrivaient :

-         Alors Morand, qu’avez-vous découvert depuis notre dernière visite ?

Et mon père tout heureux montrait ses dernières trouvailles, ajoutées à ce qu’il possédait déjà, poteries gallo-romaines, pièces de monnaies et pierres de bagues trouvées dans des sarcophages, statuettes de bronze, amphores, statues de pierre, pierres avec inscriptions, verreries, silex taillés, objets d’arts et, sur place une superbe route établie d’après des procédés romains. Ces messieurs partaient ravis de leur visite et en complimentant mon père.

En 1901 la vile de Saintes lui offrit de lui acheter son petit musée. Il avait déjà refusé des offres faites par la ville de La Rochelle, ne voulant pas que sa collection quitte sa bonne ville natale ; et le 1er mars 1901 il vendit à la ville de Saintes, sans réserve d’aucune sorte, conformément à la liste qu’en avait dressée M. Charles Dangibeaud, - il vendit donc son petit musée pour la somme de mille trois cents francs, payable moitié en 1901 à la livraison et l’autre moitié en 1902.

Mon grand-père mourut au début de 1903. Ses héritiers vendirent ses biens, les Thermes y compris. Ils ont été depuis classés Monuments historiques.

Mes grands-parents (Jean MORAND et Louise BERTEAU) reposent dans les Thermes, dans des sarcophages romains que grand-père avait fait installer lui-même. Au-dessus du caveau il avait fait mettre la statue du Temps avec sa faux, sculptée par un jeune artiste de Saintes, M. Camille Arnold, habitant rue Saint-Vivien et faisant lui aussi partie de la Société archéologique... »

Caveau des époux Morand-Berteau – Thermes Romains de Saintes

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